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Chroniques d’un normand d’adoption


Guillaume «Cetrix» Pracht•guillaume@aslakstudio.eu•Chef de projet et concepteur de jeu à Aslak Studio

 

Alsacien depuis toujours, je me suis retrouvé à accepter un emploi hors de ma région d’origine au début de l’été. Stupeur ! Bien qu’habitué à voyager, j’en avais jamais mis les pieds en Normandie auparavant. C’est le coeur gros que j’ai fait mes valises et pris le train direction Caen, sachant que j’allais très certainement devoir m’enraciner dans cette nouvelle région qui m’était totalement inconnue. Adieu douce Alsace, ta choucroute et tes bretzels, ton accent chantant et tes maisons à colombages.

Confortablement installé dans  mon fauteuil seconde classe, j’ai eu quelques heures pour faire le bilan de ce que je savais sur la Normandie : pays du camembert, du Débarquement, de l’héritage des vikings et de la pluie toute l’année. Tant mieux, j’aime le fromage et l’Histoire donc je pars sur une note positive. Par contre, côté temps j’ai fait un peu la moue… j’avais l’habitude, d’un air narquois, de regarder la météo en me gaussant de ces normands qui ont une saison estivale pluvieuse et morose.

Arrivé sur le sol du Calvados, premier étonnement : il fait beau et agréablement bon. Il faut dire que je quittais une Alsace en proie à la canicule, avec 40° à l’ombre et aucun vent pour rafraîchir
l’atmosphère. Sur le quai de la gare, je remarque le TER régional où un dessin auto-dérisoire sur le climat de la Normandie orne le  wagon. J’apprécie le clin d’oeil, qui me rend de bonne humeur  avant de me perdre dans les rues de Caen.

 

Ce qui m’a frappé en premier en me baladant au centre-ville, c’est que mon prénom y était omniprésent : sur les enseignes, les produits, les panneaux indicateurs… C’est à ce moment-là que j’ai commencé à prendre conscience de la fierté qu’ont les normands pour Guillaume le Conquérant. C’est tout naturellement que je me suis rendu au château ducal, qui m’a immédiatement enchanté. Une véritable forteresse médiévale en pleine ville ! Les yeux brillants comme ceux d’un enfant, j’ai visité ses ruines offrant un belvédère magnifique sur les environs, où de nombreux clochers rompaient agréablement les lignes de vue.

chateau guillaume le conquerant

Au passage, je ne manquais pas de remarquer quelques maisons à colombages qui me rappellent ma terre natale. Me voilà rassuré, je sens que je vais bientôt me sentir comme chez moi. Après quelques jours d’installation, le week-end est arrivé. Qu’est-ce qu’un bon continental comme moi a pensé faire de son samedi et de son dimanche ? Partir à la plage, bien entendu ! Vous pensez, auparavant la moindre côte était au minimum à 800 kilomètres. Ici, il suffit de prendre le bus pour se rendre à Ouistreham ou Lion-sur-Mer pour délicieusement se prélasser sur le sable balayé  par le vent marin. Les normands d’origine ne savent pas la chance qu’ils ont !

 

plage normande

 

L’euphorie climatique fut  cependant de courte durée : la pluie a su rapidement reprendre ses droits comme il se doit, tombant lorsqu’on ne s’y attend pas et partant aussi vite qu’elle est venue.
Au gré des caprices de la météo, l’été est passé pour faire place à l’automne. Je n’ai pas vu défiler les semaines, ni été pris du mal du pays ; j’ai été adopté avec succès par la terre normande. Quant à l’accueil que m’ont fait les normandes et les normands, ce sera peut-être le sujet d’une autre chronique…
Car cela mérite tout un article !


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