Pkilippe Kieffer Histoire

D-Day : les bérets verts du commando Kieffer (Par Hugues de BAZOUGES)


À l’aube du Jour le plus long, 177 soldats français touchent le sol de Normandie à 07h23, à hauteur de Sword. Intégrés au sein de la 1st Special Service Brigade de Lord Lovat (commandos N°3, 4 (franco-britannique), 6 et 45e Royal Marines Commando), les deux troops du capitaine de corvette Philippe Kieffer constituent bien plus qu’une simple présence symbolique (177 hommes sur les 180.000 qui vont débarquer) : ils sont le fer de lance de l’armée de la France Libre (la 2e DB débarquera le 1er août à Utah Beach).

Quoique portant l’uniforme britannique et le fameux béret vert des commandos (les fusiliers marins commandos demeurent aujourd’hui la seule unité des forces françaises à porter l’insigne de béret à gauche), ils s’en distinguent par plusieurs détails uniformologiques (le souci du «French touch» ! ) : l’insigne de béret lui-même, désigné peu de temps avant par un des leurs, la casquette (pour les cérémonies et prises d’armes) et les
grades de la marine française, le badge «FRANCE» porté en-haut de l’épaule, et enfin un insigne de poche métallique, en forme de losange, arborant la croix de Lorraine au centre.

Insigne béretSi le secret de la destination finale de l ’ opération «NEPTUNE» a été conservé le plus longtemps possible, les Normands du commando Kieffer ont été
les premiers, l’avant-veille du départ, à reconnaître leur objectif à partir des photos qui ont complété la maquette anonyme de Ouistreham.

La mission qui leur a été assignée est la suivante : après avoir «nettoyé la plage» et s’être emparé de Ouistreham, investir le port et s’assurer de l’écluse située sur l’embouchure du canal de l’Orne, puis foncer sur le pont de Bénouville pour y opérer leur jonction avec les paras anglais de la 6e division aéroportée. Le débarquement se fait sous un intense bombardement mais à 11h30, 1,8 km de plage sont tenus, permettant le débarquement de la deuxième vague.

Les commandos français parviennent bientôt dans la ville et foncent sur le casino transformé en blockhaus fortement défendu. Déjà blessé sur la plage, Kieffer l’est une seconde fois alors qu’il s’en approche et commande le tir d’un char britannique Centaur (évacué le 10 juin, il reprendra sa place à la tête de ses hommes le 13 juillet) ; après de violents mais rapides combats, les Bérets verts s’emparent de leur objectif puis foncent sur « Pegasus Bridge » où la jonction se fait sous le feu avec seulement 15mn de retard…

Le char Centaur jusqu’à présent exposé à Bénouville vient d’être déplacé sur le mémorial de Pegasus et, une fois restauré et repeint par des commandos britanniques, il fera l’objet d’une cérémonie commémorative singulière, le 5 juin prochain. Le commando perd 10 hommes ce jour-là, 4 sur la plage et 6 dans les combats livrés à Ouistreham ; au soir du 6 juin, 33 hommes ont en outre été évacués, ce qui signifie que la troupe française a perdu le quart de son effectif mais est assez forte pour poursuivre le combat au cours de la bataille de Normandie ; à l’issue de celle-ci, fin août, seuls 24 hommes termineront cette première campagne sans avoir été blessés…

Editions du TriompheS’il existe encore une poignée de survivants (une petite dizaine), et une riche bibliographie portant soi sur Philippe Kieffer, les Bérets verts du D-Day ou, plus largement, sur les fusiliers marins commandos, pour perpétuer le souvenir de cette épopée, signalons l’heureuse initiative des Editions du Triomphe : (www.editionsdutriomphe.fr) qui leur ont consacré, pour les plus jeunes ou les bédéphiles passionnés, un très bel album riche en couleurs !


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *