Matériel

Imprimante 3D Une révolution en marche


Depuis quelques mois, et pour paraphraser Thierry Ardisson, « Tout le monde en parle ».

Cela a commencé par les sites spécialisés, les regroupements de passionnés, et maintenant les radios, les télévisions, tous les média, du plus grand au plus petit ont écrit un papier sur ce nouvel objet en passe de démocratisation. Sa forme le plus souvent un cube, son utilité, imprimer un objet suivant un schéma partageable et réutilisable.
L’imprimante 3D soulève de nombreuses questions, et constitue très certainement la prochaine révolution industrielle. La première révolution industrielle se résumait à l’utilisation de procédés automatiques basés sur une maîtrise des énergies et des mécanismes mise en application dans des structures gigantesques. Cette nouvelle révolution ramènera toute la technologie et l’intelligence de création au sein de nos habitats, au plus près de nous, nous transformant chacun en un fabricant/concepteur potentiel.

PARLONS TECHNIQUE
La technique la plus répandue s’appelle, vous excuserez ce barbarisme, le prototypage rapide par dépôt de fil FDM. Un nom complexe mais un principe simple et similaire à celui d’une imprimante, faire chauffer une matière et la répandre suivant une trame préétablie. Dans les faits, un petit tuyau très fin répand de manière programmée un plastique sur une surface. Cette surface terminée, l’objet se déplace vers le bas, et une nouvelle couche peut être imprimée. L’encre dans ce cas est un plastique chauffé qui en durcissant agglomérera les couches successives.
Un avantage important de cette technique est la possibilité de créer des pièces creuses comportant des mécanismes internes. En effet, le dépôt de couches se faisant de manière verticale, il est tout à fait possible d’inclure une boule à ‘intérieur d’un cube creux et fermé dès la création de l’objet. Certains mécanismes jusqu’alors impossibles à créer sont ainsi désormais disponibles.
Même si les imprimantes personnelles utilisent le plus souvent le plastique comme matière principale, de nombreuses variations existent et il est possible d’imprimer du métal, du bois, de la pierre, du béton (cf. encadré sur l’impression de maisons), des cellules, des aliments. Le principe d’impression par couches successives est tellement simple qu’il peut même s’adapter au chocolat comme cette expérience de l’institut Français d’Art Culinaire avec la CandyFab ou la Cricuit. Cette dernière vous permettant de décorer vos plats d’une matière alimentaire facile à travailler.

ÉCONOMIE
Annoncée par nombre d’économistes et de politiciens comme la prochaine révolution industrielle (B.Obama disait : 13 février 2013, une technologie « qui a le potentiel de révolutionner la manière dont nous fabriquons pratiquement tout »), l’impression 3D est aujourd’hui comparable à l’industrie du net dans les années 2000. Les sociétés surfinancées par la bourses voient leurs cours fluctuer tout en atteignant des taux de rentabilité négatifs. Toutes à la fois ces mêmes entreprises capitalisent par le rachat et la concentration de sociétés filles. Ainsi Phénix System, une société auvergnate, s’est fait racheter en juin 2013.
Le marché des imprimantes s’est tellement diversifié aujourd’hui que cet objet réservé, il y a quelques années, aux prototypes de pièces dans les industries et aux maquettes des cabinets d’architecture, est maintenant disponible pour des prix proches de ceux d’une imprimante classique. Les premiers prix se positionnent ainsi aux alentours de 200€ pour des machines complètes (la machine la moins chère coûtant 177€ exactement). Vous obtenez les machines des fabricants les plus réputés pour des prix allant de 500 à 1500€, l’imprimante 3D est maintenant abordable et son prix baissant toujours régulièrement, il s’avère un accélérateur à son adoption.

Et, comme les copyfac, copybureau ont démocratisé l’utilisation des photocopieuses dans nos villes, des entreprises permettent maintenant d’imprimer en 3D sur des machines disponibles au public. Ainsi la poste a mis à disposition, dans 3 bureaux parisiens, des imprimantes à destination de ses usagers. Ses clients peuvent ainsi dès maintenant venir avec leur fichier 3D et repartir quelques minutes plus tard avec l’objet réel.

DU CÔTÉ DU DROIT
L’impression 3D soulève des questions importantes.
En effet, dans notre industrie traditionnelle, un objet manufacturé intègre un parcours simple. Il est conçu par une ou plusieurs personnes qui déposent un brevet si le produit est innovant. L’objet est alors protégé contre la copie. Une entreprise réutilisant les fonctionnalités ou l’aspect de l’objet original est sous le coup d’un arsenal législatif complet. Le travail de la justice est simple, un atelier de production emploei en effet de nombreuses
personnes, dispose d’outils et de machines dont le poids et la taille impliquent une stabilité géographique et administrative. Retrouver un faussaire est une opération aisée, mais dans le cas d’une imprimante 3D, l’appareil est unipersonnel, les plans sont numériques, copiables, partageables et se téléchargent de la même façon qu’une musique ou un film. La taille d’un fichier 3D est de quelques méga octets, souvent plus petit qu’une seule chanson. Alors, télécharger la dernière fusée ayant emporté Tintin sur la lune, ou la dernière maquette de l’A380 devient aussi rapide que d’écouter le dernier tube de de Florent Pagny ou de Soulful Deviant.
Quelles que soient les questions qu’elle soulève, l’imprimante 3D est aujourd’hui une réalité accessible, alors que ce soit par curiosité ou par goût de l’innovation, je n’ai qu’un conseil : participer à cette nouvelle révolution !