Histoire

Les p’tits cats normands…


L’anglais « herald » et le français « héraut »tirent leur origine commune du bas-latin heraldus (héraut) qui lui-même est issu du francique hariwald qui signifiait sans doute « le messager du chef d’armée ».

L’héraldique ou science du blason, désigne, depuis les Croisades, la façon de décrire les armoiries.

Les spécialistes pensent aujourd’hui que l’on doit ces armes à Richard Cœur de Lion qui, à partir du modèle aquitain, soit un seul léopard sur fond rouge, en aurait apposé trois sur son écu pour symboliser la réunion de la Normandie et de l’Aquitaine par les Plantagenêts. Les armes de Normandie sont donc « de gueules à deux leopards d’or, armés et lampassés d’azur, passant l’un sur l’autre ». Gueules vient du persan « gulsh » signifiant la rose et « azur » le mot arabe désignant le ciel. Les animaux sont dits « armés » et « lampassés » d’azur car leurs griffes et leur langue sont bleues.

Ce sont bien les mêmes emblèmes que l’on trouve sur les armes du royaume d’Angleterre et du Royaume-Uni, mais aussi des baillages de Jersey et Guernesey.

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On pense que ces armes étaient « parlantes », c’est-à-dire qu’elles portaient un message codé, apparaissant le plus souvent dans la description héraldique car basé sur une succession de jeux de mots ou de termes et ’expressions ayant un double sens. Mais il faudrait pour cela connaître la description primitive des armes de Richard Cœur de Lion pour les déchiffrer. Il aurait ainsi abandonné ses premières armoiries de comte de Poitou portant un lion rampant (animal également présent sur les armes du Maine et d’Anjou dont il avait hérité) pour adopter celles de sa défunte mère, Aliénor d’Aquitaine (une vraie tigresse !).

Les passionnés de scrabble et autres cruciverbistes seront sans doute heureux d’apprendre que le « leopard » ou « liepard » héraldique est le croisement d’une lionne avec un « pard » ou mâle de la panthère. Le léopard – qui se distingue du lion (leo, leonis, en latin) par sa tête, représentée de face, sa position, rampante et non dressée, et enfin sa queue – occupe une place particulière dans le bestiaire héraldique car il se décline également en « lion leopard » et « leopard lionné ».

Certains ont parfois prétendu que ces armes de Normandie ne furent remises à l’honneur qu’au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, voire même qu’il ne s’agirait que d’une représentation moderne d’armoiries prêtées aux ducs de Normandie et ce faisant à cette province. Or lors de la campagne de 1792 au cours de laquelle la 1ère République fut proclamé le le 21 septembre, soit le lendemain de la bataille de Valmy), les Princes Frères du Roi avaient réuni une armée de 20 000 Royalistes environ répartis en trois corps.

Au sein de l’armée de Bourbon (fils du prince de Condé, cousin du roi Louis XVI) cantonnée vers le Luxembourg se trouvait une Coalition de Normandie regroupant environ 440 combattants, soit deux compagnies à cheval et six à pied. Outre les deux étendards de la cavalerie portant accolées les armes de France et de Normandie, les gentilshommes normands avaient demandé à ce que leur uniforme portât une marque distinctive rappelant les armoiries de leur province, d’où ce léopard d’or cousu sur les basques de leur habit, mais aussi le collet et les parements (revers de manches) « tigrés » !

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Alors, sur votre voiture, votre moto, votre blouson ou encore votre polo, vous aussi soyez fiers de cet héritage : hissez vos couleurs et sortez vos griffes !!! A quand les chaussettes rouges et les cravates club arborant « les p’tits cats normands »…

 

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Article rédigé par Hughes de Bazouges
Expert en Histoire Militaire

Tél : 02 31 32 25 05
Mail : hughes.de-bazouges@orange.fr

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