Magasin de fleur Caen Economie

Une nouvelle taxe pour sauver le petit commerce et les centres-villes ?


Par Igor Vautier

La mode est à la polémique sur tout et n’importe quoi. Télé, radio, tout le monde s’y met.  Tous les jours des sujets de société sont traités à la télé et à la radio éclairés par l’intervention de  spécialistes, analystes, chroniqueurs ou hommes politiques. Ces sujets qui peuvent être d’un niveau élevé, deviennent alors plus accessibles pour le bénéfice de tous.
Pour faire de l’audience, nos grandes radios ont eu l’idée des émissions interactives «live» en donnant la parole en direct (en très léger différé le plus souvent) à leurs auditeurs. Ce faisant, elles transforment les journalistes complices du concept en vulgaires animateurs. Malgré tout leur talent, le niveau s’effondre pour laisser place le plus souvent à une peoplisation navrante, chacun y  allant de sa petite anecdote personnelle ou de son avis. Et je vous passe les émissions qui traitent du football. Le contenu n’a d’un seul coup plus aucun intérêt et c’est généralement à ce moment là que je coupe le son … et je remets le son… et je coupe le son … et je remets le son… en attendant le sujet suivant.
Mais quelquefois, même les interventions les plus loufoques font réfléchir …

Rue de pavée à Caen

LA MORT PROGRAMMÉE DES CENTRES-VILLES

Ce jour là, le sujet porte sur la mort du commerce et la désertification progressive des centres-villes. Les raisons sont multiples en voici quelques unes.
Le coût de l’immobilier et de la fiscalité de ville…
qui fait s’éloigner les populations et donc les consommateurs. La population du centre-ville vieillit, le commerce vieillit avec elle. Impossible en effet quand on est jeune, de devenir propriétaire et
de rester en centre-ville. Pourtant, il est loin d’être certain que le calcul fait par les jeunes soit le bon.
Acheter ou construire en dehors de la ville pour réduire son coût d’accession à la propriété et aller de plus en plus loin pour échapper à la fiscalité conduit à des contraintes et à des dépenses de transport qui grèvent tellement les budgets et génèrent une telle fatigue qu’on peut se demander s’il ne vaudrait pas mieux habiter le centre-ville.

L’insuffisance du transport en commun et notre habitude du tout voiture…

même si cela évolue, sont un frein. La difficulté de circulation, de stationnement et la volonté d’optimiser coût et temps de déplacement localisent la création d’emploi en périphérie. La destruction naturelle d’emploi en centre-ville n’est ainsi pas totalement compensée. Les clients se raréfient.
Nous avons fait le choix militant de plus en plus rare d’implanter notre cabinet d’expert-comptable en centre-ville. Nous aurions pu comme beaucoup aller nous installer à l’Experland de Saint Contest, à Ikealand ou encore dans la zone d’Ifs Cormelles.
Nos collaborateurs qui viennent en voiture auraient moins de difficulté à accéder, à se stationner mais il nous paraît important de ramener des consommateurs en centre-ville et d’être proche de nos clients.
Certains de nos collaborateurs habitant loin de la ville viennent en train + bus (ou + veol) avec une participation de l’entreprise à 50%. D’autres acceptent de se garer un peu plus loin et de marcher un peu.
D’autres font le choix du 2 roues. D’autres enfin covoiturent. Ca évolue.C’est donc pour nous un choix sociétal d’avenir en même temps qu’un choix écologique d’être localisé en centre-ville.

L’urbanisation commerciale …

et la prolifération des centres commerciaux conduisent à une offre pléthorique en dehors des villes avec un coupable tout désigné, la grande distribution, son lobbying à tous les échelons politiques et son modèle de concurrence «terre brulée». Quincaillerie, boucherie, charcuterie, fleuristerie … nombreuses sont les destructions imputables à cette forme de distribution. Quel commerçant vend de la lessive aujourd’hui ? Qui achète sa lessive ailleurs que dans une grande surface ? En effet, c’est facile d’accès, il y a d’immenses parkings et le concept de centre commercial est attractif par la variété de l’offre et la compétitivité des enseignes compense le coût de transport. Cela est renforcé par la stratégie des produits d’appels vendus sans marge qui dépouillent un peu plus le commerce traditionnel de sa rentabilité (chrysanthème, sapin de Noël, galette des rois, blanc, soldes).
Comme la population habite loin et qu’il lui faut prendre la voiture, elle va au plus simple, au plus rapide et pour qui la contrainte budgétaire prime sur le rapport qualité-prix, elle va aussi au moins cher.
Il n’est pas question de pleurer sur les modèles de commerce des années 70 aujourd’hui disparus. La mort de certains commerces est naturelle. Le propos est en revanche de mettre en évidence  que l’attractivité des centres commerciaux est telle, qu’il y a rupture d’équité en terme de concurrence. De ce fait, il n’y a pas assez de potentiel clientèle en centreville pour qu’émergent en quantité suffisante des nouveaux concepts de commerce de proximité. Mais là aussi, cela change. Lentement.
Il aura fallu 40 ans pour que le grand public mesure les dégâts faits sur notre cadre de vie par le commerce en grande distribution.
Combien lui en faudra-t-il pour mesurer ceux qui seront faits par internet ? Quand les banques, les agences immobilières et les agences d’intérim auront disparu des centre-villes, que restera-t-il ? Sujet d’un film d’anticipation …

***

On passe la parole à un auditeur. Il s’agit d’un commerçant de centre-ville et ce qu’il propose est tellement effarant que je ne coupe pas le son…

Magasin de fleur Caen

UNE TAXE SUR LES COMMERCES EN CENTRE COMMERCIAL DESTINEE A COMPENSER L’INEQUITE DES FACILITES D’ACCES

Son constat
1. Rendre le stationnement gratuit en centre-ville est inefficace et de toute manière impossible. La rentrée fiscale que cela représente n’est pas près d’être abandonnée par les villes (?), le caractère payant favorise la circulation.
2. Le modèle tout voiture n’est pas près de disparaître.
Les politiques ne sont pas assez courageux (?) pour fermer les villes aux voitures. Il faudrait d’abord faire revenir des populations en ville, des transports en commun denses, gratuits, des parkings relais gratuits hyper bien desservis et une infrastructure de parcs à vélos en ville en quantité suffisante (il cite Amsterdam).
3. Les centres commerciaux bénéficient d’infrastructures routières (voies d’accès, ronds points, élargissements etc…) payés par le contribuable.
Sa conclusion
Si on ne peut se passer des voitures et que le stationnement doit rester payant, alors les centres commerciaux doivent payer une taxe sur le nombre de places de parking auxquelles les infrastructures payées par le contribuable donnent accès.
Et il avance un chiffre : 4€ par place et par jour d’ouverture arrondis (soyons fous) à 1000€ par an !
500 places = 500.000 € !
Si on fait ce qu’il propose, les centres commerciaux n’auront d’autre possibilité que de faire payer le parking à leurs visiteurs et l’équité sera rétablie. CQFD

***

Solution classique et technocratique bien française :
plutôt que de régler un problème, inventons une nouvelle taxe ! et je coupe le son …
Oui mais si finalement ça marchait ?

 

NON À LA NOUVELLE TAXE !

Pourquoi non ? Mais tout simplement parce qu’elle ne servirait à rien.
Il est évident que les centres commerciaux n’enverraient jamais le message d’un parking payant à leurs clients. Elles préféreraient répercuter le coût de cette taxe dans leurs marges de manière quasi indolore et le client continuerait de ne pas payer le parking.
Cela réduirait temporairement l’écart de compétitivité entre le commerce de détail et la grande distribution, le temps pour elle de s’adapter en faisant finalement supporter en tout ou partie la taxe par ses fournisseurs. Cela ne ferait pas venir davantage les clients en centre-ville.
Pour que cela soit pédagogique et efficace, il faut que le client soit directement frappé au porte-monnaie. Il faut qu’il paie quelque chose.
Mettre des horodateurs ? Pourquoi pas, mais c’est probablement très compliqué sur un parking privé. Alors pourquoi ne pas imaginer que les voies d’accès aux centres commerciaux financées par la collectivité soient équipées d’un système de péage ?
C’est une solution qui peut mériter d’être approfondie et proposée à un parlementaire très vaillant. A tout le moins aurait-on la certitude que cela rétablirait une forme d’équité en terme … d’embouteillages !
J’imagine, Mondeville 2, samedi, 17h30, avec un péage …

LES VILLES TRAVAILLENT SUR LA SAUVEGARDE DES CENTRES-VILLES

Le vélo

Une mission parlementaire dirigée par B. LE BRETHON alors Députée-Maire de Caen a remis son rapport en mars 2004 au premier ministre. Les choses avancent,
mais à vélo on va moins vite.

Gratuité des transports en commun

25 villes en France ont franchi le cap. Récemment, Aubagne qui a fait ce choix il y a déjà 8 ans, a fait l’objet d’un reportage au 20 heures. D’autres villes s’y mettent, Niort en 2017 (Agg 100 000 hab), Dunkerke en 2018 (Agg 200.000 hab)
P.DURON en avait fait la promesse en avril 2014. J.BRUNEAU y est opposé.
Vraie ou fausse bonne idée, chacun se fera sa propre opinion. Il est cependant probablement dans le sens de l’histoire que de fermer progressivement les villes à la voiture et d’aller vers une gratuité ou quasi-gratuité des transports.
Dans la mesure où la survie du centre-ville est liée au maintien de l’emploi sur place, c’est à chacun des acteurs et en premier lieu aux commerçants eux-mêmes de prendre conscience de la nécessité de changer de comportement.
Si nous continuons par confort, à privilégier la périphérie pour y localiser les services, la distribution de masse et le commerce sur internet, alors après la disparition des commerces dans nos villages, ceux du centre de nos villes de taille moyenne mourront quoiqu’on fasse.
à la voiture et d’aller vers une gratuité ou quasi-gratuité des transports.
Dans la mesure où la survie du centre-ville est liée au maintien de l’emploi sur place, c’est à chacun des acteurs et en premier lieu aux commerçants eux-mêmes de prendre conscience de la nécessité de changer de comportement.
Si nous continuons par confort, à privilégier la périphérie pour y localiser les services, la distribution de masse et le commerce sur internet, alors après la disparition des commerces dans nos villages, ceux du centre de nos villes de taille moyenne mourront quoiqu’on fasse.

 

GRANDE DISTRIBUTION – STATIONNEMENT ET DÉVELOPPEMENT DE CAEN – UN PEU D’HISTOIRE …

 

11 et 19 février 1970 : Ouverture des 2 premiers supermarchés caennais Continent (Mondeville) et Mammouth (Carrefour Côte de Nacre).
12 juillet 1970 : Election de JM GIRAULT
janvier 1972 : Installation de 400 parcmètres dans le centre-ville.
24 mai 1972 : Réorganisation des bus urbains autour de 4 lignes 18 novembre 1972 : La rue Froide est piétonne
18 avril 1973 : Lancement de la construction de 40000 m² de bureaux au Péricentre
25 octobre 1974 : P1 inauguration
janvier 1975 : Lancement du concours pour l’aménagement de la Place de la République
11 décembre 1975 : Ouverture du parking souterrain.
13 décembre 1975 : Ouverture du périph nord (Calix)
29 mars 1980 : Le Vaugueux est piéton
9 octobre 1986 : Début des travaux du Centre Paul Doumer
3 juillet 1994 : Début des travaux Mondeville 2 inauguré le 27 juin 1995
30 septembre 1997 : Fin des travaux du périph sud
29 juillet 1998 : UGC à Mondeville 2
janvier 1999 : piétonisation de la rue Saint Pierre
mars 2001 : Election de B.LE BRETHON
15 novembre 2002 : Inauguration du TVR
1er février 2007 : Inauguration du Cargö (presqu’ile)
15 février 2007 : Début des travaux de l’école de des Beaux Arts (presqu’ile)
mars 2008 : Election de P.DURON
4 avril 2009 : Piétonisation des rues Saint Pierre et Ecuyère
24 novembre 2012 : Inauguration de la Place Saint Sauveur après rénovation
11 décembre 2012 : Décision d’une 2ème ligne de tram sur rails.
13 mai 2013 : Inauguration des Rives de l’Orne
juillet 2013 : Début des travaux du Tribunal (presqu’ile)
avril 2014 : Election de J.BRUNEAU
juillet 2015 : Déménagement du Tribunal vers la Presqu’ile
août 2015 : Gratuité du stationnement au centre-ville le samedi de 11h à 15h
janvier 2016 : Projet de marché couvert Place de la République

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