logo bc Les conseils des experts pour les chefs d'entreprise

Vers la disparition des comptables d’entreprise ?


Igor Vautier • Basic ComptaCabinet d’expertise comptable de proximité
31 Boulevard Bertrand 14000 Caen • 02 31 82 63 73 • www.basic-compta.com

 

Propos farfelus selon les uns, visionnaires selon les autres. Cette approche iconoclaste de la toute puissance des comptables d’entreprise est pourtant une réalité qui devrait s’imposer peu à peu.

 

RESTER COMPETITIF:

L’entreprise est en perpétuelle mutation. Pour survivre, elle doit rester performante par rapport à ses concurrents et s’adapter en permanence. Au cours de ces 15 dernières années, grâce à l’explosion de la technologie informatique, d’internet et de sa messagerie, les objectifs de réactivité administrative se sont trouvés satisfaits avec des coûts logistiques moindres et notamment des moyens humains de plus en plus réduits. Pour certains cadres et dirigeants, cette révolution culturelle n’est pas encore complètement assumée. Dans les années 90, les traitements de texte ont
remplacé les doubles au carbone sur papier pelure sans cependant réformer les pratiques. On fait du papier qu’on imprime un peu plus vite, dont on classe des doubles dans des «chronos» (il y en a souvent plusieurs), l’expédition quotidienne à la Poste est une institution, et on archive tout – dossiers suspendus, armoires, sous-sols – et le comble du modernisme, c’est… le fax !

 

LE FICHIER PDF, LE MAIL ET LA MORT DES SECRETAIRESbureaux

Le courrier qu’on envoie soi-même sans être obligé de l’imprimer ! Ces nouvelles pratiques ont fait fondre le volume de courrier distribué par La Poste. Cela s’est surtout accompagné de la suppression de bataillons de secrétaires reconverties en assistantes polyvalentes ou accompagnées vers la retraite dans le meilleur des cas.

Les pratiques mettent du temps à évoluer et on fait encore du papier, trop, mais ça évolue de plus en plus vite.
• Les commandes se font désormais en ligne ou par mail, certains impriment encore le mail de confirmation (pour être sûr…)
• Les factures ne sont plus imprimées (en tout cas elles ne devraient plus) mais sont mises à disposition en ligne sur internet ou transmises par fichiers EDI
• Les banques disposent toutes de sites internet sur lesquels on accède à ses relevés de compte
• Les bulletins de paie sont mis à disposition des salariés sur le site de l’entreprise (ou de son expert-comptable)
Bien sûr en raison de la multiplication des mails et des fi chiers PDF, la Gestion Electronique des Documents pose d’autres problèmes – sécurité, confidentialité, utilité, classement, archivage -mais il n’y a là rien d’insurmontable, tout n’est que question de procédure.

 

LE CLOUD ET LA MORT DES COMPTABLES D’ENTREPRISE…

Posons nous quelques questions essentielles :
• De quelles informations a besoin un manager ?
• Ou sont les informations qui sont nécessaires au
manager ?
• A quoi sert la comptabilité ?
Le manager a besoin d’informations stratégiques
concernant sa gestion :
– PILOTAGE
• Commandes, livraisons, ventes, panier/facture
moyens
• Chiffre d’affaires, achats, marge
• Coûts sensibles fi xes, variables, masse salariale,
effectif …
• Trésorerie, en-cours global, stocks
• …
– ARBITRAGE
• Positions de comptes, en cours
• Volumes, délais
• Statistiques
• Potentiel de production
• …
La grande majorité de ces informations sont disponibles dans l’informatique de gestion (GPAO, Gesco, CRM etc…) de l’entreprise.
Les besoins en comptabilité du manager sont essentiellement ponctuels et consultatifs. Sur le plan de la synthèse, un compte de résultat dans les règles de l’art est souvent surdimensionné.
Le manager préfèrera de très loin un bon tableau de bord mensuel, un état sous 48h bien pragmatique quitte à ce qu’il soit un peu empirique. Finalement aux yeux du manager, la fonction première de la comptabilité reste de satisfaire aux obligations fiscales et sociales de l’entreprise et périodiquement à ses obligations juridiques (distributives) et bancaires. Le besoin d’information, de réactivité, et le service de ces obligations a longtemps été très compliqué à satisfaire.

Les structures atteignant une certaine taille ne pouvaient ainsi se contenter d’une prestation externalisée qui ne pouvait être suffisamment réactive. Elles étaient contraintes à mettre en place une infrastructure (informatique, réseau, logiciel) et des moyens humains qualifiés très couteux (saisie, pointage, centralisation, révision). En raison de son savoir spécifique, le comptable est souvent sur rémunéré. Grâce à la technologie du Cloud, le coût de la comptabilité va se trouver fortement amoindri (vous vous souvenez … les secrétaires).
Aujourd’hui si on considère,
• que les écritures de trésorerie sont directement et quotidiennement déversées par les banques dans nos logiciels,
• que les logiciels de gestion exportent aussi souvent que besoin et sans intervention humaine, tout ce dont on a besoin pour servir une comptabilité client,
• que les achats s’ils ne sont pas gérés par un logiciel peuvent être traités par reconnaissance optique des factures et bientôt en quasi totalité par intégration de fichiers
• qu’il suffi t d’une connexion internet pour consulter sa comptabilité hébergée en ligne,

 

A quoi sert désormais de tenir sa comptabilité chez soi ?
Il ne fait aucun doute que l’offre des cabinets d’experts-comptables modernes en terme d’outils de conseil connectés associée à leur capacité naturelle à servir en temps réel des comptabilités sur le Cloud conduira les PME à réaliser des économies très substantielles. Les comptables d’entreprise sont donc condamnés à disparaître au profi t dans les plus grandes structures, d’analystes de gestion qui justifieront leur rémunération. La PME de demain possèdera un serveur en data center ou hébergera ses données et applications sur le Cloud. Dans les deux cas, ses données seront
sécurisées, sauvegardées, garanties, accessibles de n’importe où, et servies par des interventions aussi bien internes, qu’externes.
En fait, ce n’est pas demain, c’est aujourd’hui …

crayon feuille

 

 

 

A lire au sujet de la Disruption numérique : Bernard Stiegler la Société automatique :
1. L’avenir du travail (Fayard), L’emploi est mort, vive le travail ! (Mille et Une Nuits)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *